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Quelques observations boréales de plus,
au-delà du Cercle Arctique.

I Introduction.

       Le Cercle Arctique Nord, qui est un cercle dont le plan est parallèle de celui de l'Equateur, est placé à environ 66° 33' de latitude nord (ou à environ 23°27 du pôle nord) , la latitude la plus méridionale sur laquelle, il est possible d'observer le soleil de minuit. En effet en été, on découvre un certain jour que le soleil reste au-dessus de l'horizon pendant au moins vingt-quatre heures. C'est le soleil de minuit. Le cercle Arctique se déplace vers le nord d'environ 14 m par an.

      Nous allons découvrir certains faits (nous interpellant) , qui sont relatifs à cette zone, tout en sachant que tout un chacun pourra interpréter ces faits, à convenance.

II Genèse de l'affaire

      C'est le 13 Avril 2007, que nous avons eu le plaisir de recevoir par la poste l'ouvrage de 580 pages d'Adolphus W. Greely édité en 1889, par la Librairie Hachette, mais paru dès 1886 à New York chez Charles Scribner's Sons, sous le titre "Three Years of Arctic Service" :


a) Quand Greely préfère taire certaines choses.

    Mais déjà dans la préface de l'auteur, nous découvrons d'abord les propos suivants :

    " Depuis, la transmission au Département de la guerre de mes Rapports officiels, je n'ai épargné ni ma santé, ni mes forces pour préparer un livre qu'on me demandait de toutes parts : le ministre a bien voulu me permettre d'y reproduire les cartes, les dessins et les fragments de mon journal officiel.

    La plus grande partie de ce volume est basée toutefois sur mes notes personnelles :j'ai fait aussi de larges emprumts aux carnets très complets du lieutenant Lockwood et du sergent Brainard, les seuls, du reste, en outre du mien, qui aient été tenus quotodiennement pendant notre retraite vers le sud et le séjour à Camp Clay.

     De crainte que mes récits des merveilles de ces régions éloignées ne fussent taxés d'exagérations enthousiastes, je n'ai point osé reproduire la plupart des lignes écrite sous l'impression de phénomèmes qu'on accuse si souvent les voyageurs de peindre de couleurs trop vives.....
"


     Vous avez bien noté, nous l'espèrons, que l'auteur nous explique qu'il a pris un soin tout particulier, à minimiser ( et nous le regrettons vivement ), l'impact de certains phénomènes bizarrement décrits par d'autres explorateurs , et survenus dans la zone polaire en question.

    Voilà une chose qui ne manque pas de nous interpeller au départ, car c'est justement ces phénomênes " embarrassants", qui font l'objet de toute l'attention du site ARTivision . Pourrait-il s'agir, par exemple, d'aurores boréales exceptionnelles, d'oiseaux qui disparaissent pendant l'hiver, de vestiges de Mammouths dans le permafrost, de bois flottant sur la Mer Arctique dont la provenance est inexplicable..etc..?

    C'est donc en ayant en tête, toujours d'une manière sous-jacente, ces interrogations que nous allons pénétrer plus avant dans ces relations d'événements polaires décrits dans l'ouvrage cité plus haut et dans un autre dont on parlera plus tard.

b) Quand Greely fait un petit historique.

    Dans le chapitre premier intitulé "Les pionniers du détroit de Smith", nous découvrons alors une sorte d'historique très utile, où nous extrayons ceci :

Page 4 et 5 :

    " Ce fut un Américain, le docteur Elisha Kent Kane, qui franchit le premier la porte septentrionale du détroit de Smith, et parcourut la mer baptisée de son nom, sur le navire l'Advance , équipé aux frais de MM. Henry Grinnell et George Peabody. Parti de New-York- le 30 mai 1853, il visita Fiskernaes et prit à son service l'Esquimau Hans Hendrik, chasseur et conducteur de chiens. Se procurant sur divers points de la côte des Fourrures, des peaux, des attelages, il touchait à Upernivik le 17 juillet. Le 4 août, le navire passait au large du cap York, et le 7, devant l'île Littleton. Il s'arrêta quelques heures sur la cote orientale, dans un lieu qu'on nomma Lifehoat Cove (l'anse du Bateau de sauvetage), pour y "cacher" une embarcation et des vivres.

    En dépit de ses efforts pour longer la rive septentrionale du Grœnland, les tempêtes, la banquise et aussi la glace nouvelle le poussèrent, le 24 août, dans le port Van Renssclaer (78° 37' N.), où il fut forcé, d'hiverner. Presque tous ses chiens moururent; le scorbut attaqua sa petite troupe, mais sans causer de décès. En mars 1854 un voyage avec traîneaux eut pour résultat la perte de deux hommes; deux autres durent être amputés par suite de gelures. Plus tard, le docteur Hayes, le chirurgien du bord, traversa le Bassin de Kane et atteignit les parages du cap Frazer (79'43') ; il fut le premier à mettre le pied dans la Terre de Grinnell. Morton, le 24 juin, réussit à escalader la face méridionale du cap Constitution (80'55'), et, d'une altitude de 160 mètres, il vit la mer "ouverte". aussi loin que pouvait porter le regard, probablement jusqu'au cap Lieber (81° 32').
"


    Nous passons sur de nombreuses péripéties arivées à kane, à Hayes et nous arrivons à ces paragraphes clefs :

    " ....Sept ans après le docteur Hayes, sur le schooner "Etats unis" , repartit pour le détroit de Smith afin d'en compléter l'étude et de visiter "la mer livre du pôle".

    Il quitta Boston le 7 juillet 1860, et le 12 août touchait Upernivik (Note du Webmaster : nommé Upernavik dans le livre "La mer libre du pôle" de j.Hayes chez Hachette 1877 ) où il compléta son équipage. Le transfuge Hans Heindrik le rejoinit au cap york avec sa femme et ses enfants. aux alentours du cap Alexandre, de fortes bourrasques endommagèrent le navire et en retardèrent la marche. Hayes se vit dans la nécéssité d'hiverner au fiord Foulke, un peu au sud de l'ile Littleton ( 78° 18' N )

    Pendant l'hiver, l'expédition perdit son astronome, Sonntag, au cours d'un voyage en traîneau pour tacher d'entrer en communication avec les Esquimaux du détroit de la Baleine. La difficulté des glaces que Hayes rencontra, lors d'une première tentative en mars 1861, lui fit abandonner l'idée d'explorer la côte grœnlandaise, et le fit s'arrêter à celle de traverser le détroit pour visiter la rive opposée.

    Parti le 5 avril avec deux traîneaux à chiens, le 11 mai il atteignait le le cap Kawks 70 milles du navire; trente-huit jours avaient été employés à parfaire cette distance, et cependant il assure être arrivé ensuite, en moins d'une semaine, au cap Lieber, situé cent soixante-dix milles plus loin.

    Critiquer ceux qui, avant nous, et parfois au péril de leur vie, ont suivi une route nouvelle, est 1a plus ingrate et la plus malgracieuse des tâches; mais, en comparant le récit de Hayes avec ses notes astronomiques et météorologiques, personne n'admettra que, le 19 mai, le docteur ait pu gagner le cap Lieber. La topographie qu'il assigne à celui-ci est incorrecte; il lui donne une latitude erronée de 2 milles et demi, et une longitude de six, degrés plus à l'ouest qu'elle ne l'est réellement. Le dessin publié par lui de ce promontoire ressemble d'une façon étonnante à une esquisse du cap Joseph Goode faite par le sergent Gardiner, un des nôtres. Sir George Nares, à son tour, place le cap Frazer 10 milles plus au sud que Hayes, et constate nombre de méprises quant à la latitude de certains autres lieux.

    Le navire de Hayes réussit à sortir de Port Foulke le 10 juillet, mais la glace solide du bassin de Kane lui barrant la route du nord, il longea la côte ouest du détroit de Smith, depuis le cap Sabine jusqu'au cap Isabelle, et put rentrer à Boston en automne. Hayes. en sa qualité de chirurgien, a rendu de bons services au pays pendant la guerre de Sécession.

    Vient ensuite le voyage du Polaris, commandé par Charles F. Hall. Ce navire partit de New-York le 29 juin 1871; on comptait, cette fois, atteindre le pôle nord. Le Congrès, vapeur de la marine des États-Unis, l'escorta. jusqu'à Godhav'n, avec un supplément de provisions. Au matin du 31 aoüt, le Polaris entra dans l'Océan boréal (82° 11'), au nord-ouest de Port Repulse. Puis il vira de bord vers le sud pour, hiverner dans le havre Grâce-à-Dieu....
"

     Nous constatons donc que Greely conteste surtout les performances des temps de parcours de certains trajets de Hayes, mais , pas un mot sur cette "affaire de mer libre", pourtant capitale pour nous. Rappelons que le livre de Hayes "The Open Polar Sea" , A Narrative of a Voyage of Discovery towards North Pole, in the Schooner "United States." N.Y., est paru en 1867, soit 19 ans plus tôt et qu'en 1886, en écrivant son livre, Greely l'avait très certainement déjà lu.

     Comme nous aurions aimé savoir ce que pensait Greely au sujet de cette mer libre ?

     Et puisque Greely, parle aussi Kent et de Hall, rappelons aussi ceci, concernant kane et tiré de son livre DR Kane's Work, page 378 : "As far as I coud discern, the see was open, a swell coming in from the northward and running crossing, as if with a small eastern set" : "Aussi loin que je pouvais le distinguer, la mer était ouverte et une abondante bordée en provenance du nord, courait de travers comme si elle venait faiblement de l'est "

     Mais, concernant le capitaine Hall, on trouve aussi dans son livre " capitain Hall's last trip" en page 166 ceci : "" We find this a much warmer country than we espected... we have found that the country abounds with life, and seals, game, geese, ducks, musk-cattle, rabbits wolves foxes bears pazrtriges lemmings, etc our sealers have shot two seals in the open water while at this encampement... " (Nous avons découvert une région plus chaude que nous l'espérions... Nous avons découvert une région débordante de vie et les phoques du gibier, des oies, des canards, du bétail musqué, des lapins, loups des renards des ours, des perdrix, des lemmings, etc..Nos chasseurs de phoques en ont abattus deux sur la mer libre alors que nous étions à notre camp)

    Nous savons aussi qu'en page 288 de son livre, Hall dit :"Le 23 janvier les deux esquimaux accompagnés par deux marins, arrivèrent au Cape Lupton. Ils déclarèrent la découverte d'une mer libre s'étendant aussi loin que peuvent porter les yeux..."

c) Quand Greely nous parle d'icebergs.

     Mais quittons ce bref historique de Greely, où il nous parle encore des exploits de Bessels, de Bryan, Chester, Tyson, Budington, Nares, Stephenson , Aldrich, etc., et passons au texte même du livre de ce Greely, où l'on peut lire en pages 33 et 34, une description surprenante d'icebergs telle que :

    " ...La station elle-même est située sur un îlot de syénite, maigrement revêtu de sol et de gazon. Le point culminant en atteint à peine 30 mètres : pendant cette belle journée de juillet, (1882), les isbergues éparses sur le port étaient encore si nobreuses, que de là-haut nous en comptâmes plus de cent. Leurs énormes masses, dont l'éclatante blancheur tranche admirablement sur les teintes glauques de la mer, avaient souvent occupé, nos regards et nos pensées. Ces voyageuses aux ailes de neige ne sont général que des messagères de paix; mais, la veille nême, comme le navire entrait dans le port, la vaguelette soulevée par notre passage vint frapper paresseusement une superbe montagne de glace toute fouillée, toute sculptée en arches majestueuses, en tourelles rénelées, en colonnades grandioses, d'où jaillissaient des cascatelles. Cette si légère impulsion suffit pour détruire l'équilibre de l'isbergue; en quelques secondes le merveilleux édifice s'écroulait : la mer blanchissait d'écume sous la chute de myriades de débris; de tous côtés des vagues colossales la creusaient de leurs sillons. Nous tressaillions d'effroi au bruit formidable des détonations successives, tant la puissance irrésistible de cette fille des glaciers frappait de surprise les moins impressionnables d'entre nous. "

     Voici deux photos d'icebergs de l'ouvrage :

 

    On découvre d'emblée alors le fait qu'à l'époque, en 1889, le traducteur considérait l'iceberg du genre féminin (et qu'il l'écrivait isbergue).

    D'autre part, on peut se demander si Greely qui, chose surprenante, considérait ces icebergs comme des "messagers de paix", et qui en admirait leurs énormes masses, et leur l'éclatante blancheur, savait qu'ils étaient faits d'eau douce. Aux historiens de répondre à cette épineuse question.

    D'ailleurs Greely, prétend aussi, comme beaucoup d'autres chercheurs actuellement, que ces icebergs sont "des fils de glaciers", alors que l'on a très peu de rapports photographiques montrant des icebergs se séparant de leurs masses glacières d'origine. A vous donc de juger tout cela pour l'instant.

d) Quand Greely nous parle d'aurores boréales .

    Mais découvrons, si vous le voulez bien, ce que pense Greely au sujet des aurores boréales observées par son équipe au nord du Grœnland... En pages 132 et 133, on voit ceci :

    " Nous n'eûmes de quatre aurores boréales dans la semaine qui suivit l'ouragan. Le 19 (Janvier 1882), un arc superbe se montra, pendant la présence duquel l'aiguille était si troublée, que ses oscillations dépassaient, fréquemment le cercle. Quant à celle du 21, la splendeur en fut au-dessus de toute description : une transformation continuelle d'arcs en banderoles, et de banderoles en plaques en rubans qui de nouveau redevenaient des arcs. Ce merveilleux spectacle occupait parfois le ciel tout entier et nous tint vingt-deux heures en contemplation. A un certain moment trois arches boréales parfailes traversaient le sud-ouest d'un horizon à l'autre. Je ne saurais mieux comparer cette aurore qu'à l'incendie de vastes forêts auquel, placés dans une clairière, nous aurions assisté la nuit, avec celle différence que, sauf de rares teintes rougeâtres, elle fui presque toujours incolore. Malgré la longue durée l'étendue de ce phénomène, l'aiguille en fut à peine impressionnée. Pendant son évolution parut la nouvelle lune, qui, chose surprenante, se montra rouge comme du sang.

    Jusfiant l'idée populaire, et à l' encontre du capitaine Nares d'après, lequel l'aurore boréale n'émet pas de véritable lumière, la clarté nous en a semblé nettement perceptible. Ainsi je pus distinguer mon ombre, quoique, à ce moment-là l'embrasement fut restreint an quart du ciel. " Pendant mon séjour en Laponie, dit Tronboldt, j'ai vu les aurores donner une lumière semblable à celle de 1a lune deux jours et demi après son plein, par un ciel clair et quand elle est à 25 degrés au-dessus de l'horizon"....

    ....La gloire du soleil avait disparu avec ses couchers emporprés et ses parhélies superbes, mais en outre des aurores boréales, le ciel se mettait parfois en fête. Le soir du 30, très belle couronne lunaire de six degrés de diamètre et composée de quatre cercles concentriques l'intérieur blanc, le second jaune le troisième bleu et le dernier rouge.

e) Quand Greely nous parle d'halos lunaires.

    1er Février - On vient m'annoncer un halo lunaire de 90 degrés; il avait disparu pendant que je m'habillais et se trouvait remplacé par deux autres, très lumineux, de 22 et de 46°. Le soir, parasélène splendide, la lune à 25 degrés au-dessus de l'horizon. Les deux cercles brillaient du même et vif éclat jusqu'à la ligne de démarcation entre le ciel et les glaces; chacun avait son aire de contact. Deux fausses lunes se montraient de l'un et l'autre côté de la vraie, et deux au-dessus, toutes richement colorées des nuances du prisme, aussi distinctes que dans le plus bel arc-en-ciel. Elles s'échelonnaient sur les points d'intersection des cercles avec deux bandes étroites de lumière blanche et brillante dont la première montait verticalement de la lune vers le zénith et descendait au-dessous, coupée perpendiculairement, au niveau de l'astre lui-même, par la seconde qui faisait le tour du ciel parallèlement à l'horizon, dont elle s'éloignait de 25 degrés. Par moments, à 90 degrés dans la direction du nord, on apercevait sur cette ligne une faible image de la lune; une autre encore moins marquée sur la première, au-dessous de l'astre, à l'endroit où elle touchait le cercle, de sorte qu'à la fois nous en comptâmes huit. Ce phénomène dura une heure, le nombre des fausses lunes variant assez souvent : il avait été précedé par une aurore qui ne fut pas accompagnée de troubles magnétiques.
"



    Nous ne sommes pas qualifiés pour commenter ces manifestations atmosphériques sublimes. Aux spécialistes de se prononcer sur leur présence en ces lieux.

f) Quand Greely nous parle d'un metéore et de perturbations magnétiques .

    De même, nous ne pouvons rien déduire des observations suivantes pages 284 et 285 :

    " Le 14 novenbre .- Ralston, de veille à l'observatoire, a été ébloui par l'apparition d'un brillant météore dans le ciel du S.O; sur une étendue d'une vingtaine de degrés se montrait une trainée de lumière blanche excessivement éclatante et prenant peu à peu une nuance jaune brique. Voyant qu'au bout de trois minutes, le phénomême n'avait pas encore disparu , Ralston appela notre astronome. La bande radieuse s'étendait de l'étoile Lambda du Bélier jusqu'au nord des Hyades, et suivait une trajectoire parallèle à l'horizon.

     Du 14 au 19, l'étonnante perturbation magnétique qui fut générale dans le monde entier, se manifesta à Fort Gonger avec une intensité peut-être plus grande que partout ailleurs, et occasionna de superbes aurores boréales. le 17, la tempête atteignit sont point culminant; la variation de l'aiguille dépassa une amplitude de 19 degrès; pendant neuf heures consécutives une brillante aurore illumina le ciel...
"

    Vous avez bien lu cependant que, pour Greely , il y a une fois au moins qu' une aurore ne fut pas accompagnée de troubles magnétiques, et que d'autres fois, de superbes aurores boréales, en étaient directement la conséquence. Quant à la trace horizontale du météore visible pendant plus de 3 mn ..., c'est aux spécialistes de s'exprimer...

f) Quand Greely exprime son étonnement .

Pages 195 et 196 :

    " Les résultats do ce voyage n'étaient certes point à dédaigner. Il nous avait révélé, à l'intérieur de la Terre Grinnell, des conditions physiques que nous étions bien loin de soupçonner. L'absence de glaciers "producteurs" jetant leurs isbergues à la mer, s'expliquait maintenant par la découverte d'une contrée à surface inégale et anfractueuse, coupée de fiords et de lacs suffisant à drainer, pendant la courte saison polaire, des neigées peu considérables, d'ailleurs. Les vallons, souvent libres de frimas tout l'été, donnent naissance à une végétation relativement luxuriante et qui sert de pâture â de nombreux animaux. Au surplus, la présence de glaciers emplissant les brèches de la chaîne Garfield,annonçait, pourla partie nord de la région, une topographie absolument différente des alentours de nos quartiers et du lac Hazen ... "

    Vous avez bien noté (et nous l'avons déjà évoqué plus haut) que Greely s'interroge déjà à l'époque sur ce qu'il appelle l'absence de glaciers "producteurs", d'où seraient issus les icebergs...

    Comme nous aurions aimé que les observateurs modernes s'inspirent de cette "profonde réflexion" de Greely et qu'ils puissent un jour proche, nous sortir alors une thèse substantielle à ce sujet ? En effet, même si cela concerne l'autre zone polaire sud de la planète, voici ce que nous extrayons de l'émission VoyageSat , passée le Lundi 25 juin 2007 :


    En parlant des icebergs, le narrateur nous dit : " Ces énormes blocs de glaces colossaux tombent depuis d'énormes couches de glaces et certains sont plus gros que l'Angleterre."... Comme vous le voyez, on n'a pas beaucoup avancé depuis 1883. A bon entendeur salut...

    Mais poursuivons voulez vous ! :

Pages 247 et 248

    " La scène était admirable : le ciel se recouvrait de cumulus, très rares dans, les régions arctiques. Le soleil rayait d'ombre et de lumière le fleuve aux eaux murmurantes, le vaste bassin bleu et ses hôtes bruyants. 1es pavots aux fleurs d'or, les saxifrages pourprés attiraient les papillons aux brillantes couleurs. L'atmosphère était, délicieusement chaude, et si, tournant le dos à la cuirasse de cristal du lac Hazen et aux glaciers débordant les brèches des montagnes, nous arrêtions nos regards sur les collines brunes, faiblement teintées de vert olive, on se serait cru aux confins des tropiques, et non à 8 degrés du pôle. Des canards à longue queue menaient grand tapage sur les eaux, des tourne-pierres, des skuas, des sternes voletaient alentour; les talus verdoyaient sous les feuilles des saules nains; çà et la se montraient des touffes de benoîte et de saxifrage ; nous comptâmes jusqu'à, trois espèces de papillons : il y en avait à foison, mais ils étaient si avisés, ils fendaient si vivement les airs, qu'un seul d'entre eux se laissa prendre.

Page 253 :

....La chaleur commençait à nous incommoder beaucoup; le thermometre fixé au baromètre anéroïde, qu'on portait toujours à l'ombre, marquait 28°3; l'autre instrument, quoiquent agité dans l'air pendant sept nuits consécutives, ne desccendit pas au dessous de 22°,8 . Jamais je ne me fusse attendu à une pareille température, que je garantis exacte à un ou deux degrès près.
"

    Nous pouvons aussi noter que Greely était un scientifique botaniste connaissant bien les plantes et les volatiles du coin. En effet, pages 240 et 241, on peut lire :

    "La floraison précoce des plantes de la Terre de Grinnell nous fut en très grande surprise. le 1er Juin le saxifrage pourpré (Saxifrga oppositifiola) entrouvrait ses corolles; trois jours plus tard fleurissaient les chatons du saule (Salix arctica) . Le lendemain, l'oseille (Oxyria reniformis) les suivait à son tour; le 11, le cochléaria (C. fenestrata ) ; le 21, le pavot polaire (Papaver nudicaule) . À cette même date, je trouvai la mousse des rennes (Cladonia rangifeina) au sommet du Pain de Sucre, un des rares endroits du voisinage de Fort Conger où nous l'ayons jamais vue.

    Ce n'est point que 1882 fût une année exceptionnelle, car en 1883, le 6 juin, six espèces différentes étaient en fleurs. En 1872, à Port Grâce-à-Dieu, les boutons du saxifrage s 'ouvirent le 3 juin.

    Voici un relevé des latitudes beaucoup plus hautes ou Nordenskjöld vit les premières fleurs de l'année : Pitlekaj, 67' 05 nord, 187 degrés ouest, 83 Juin 1879, le Cochlearia fenestrata; baie Treurenberg, Spitzberg, 79° 57' nord, 22 juin 1861, le Saxifraya oppositifolia ; la même plante, le 15 juin 1873, à la baie Wahlenburg , Terre du nord-est, 79°46' nord. Au détroit de Cumberland, vers le 67e parallèle nord, Humlein n'a trouvé que quatre plantes en fleurs.

    Le ptarmigan des roches (lagopus rupestris) hiverne à la Terre Grinell. Depuis le mois d'avril, on voyait des harfangs (Nyctea scandiaca), des bruants des neiges (Plectrophanes nivalis) ; un aigle (Haliætus albicilla) s'était montré, et un goëland d'Islande (Larus leucopterus).

    Le 3 Juin, les ravines commencèrent à s'égoutter la baie, et le même jour apparurent des bernaches (Bernicla brenta) accompagnées de leur commensal ordinaire le Skua à longue queue (Stercorarium longicaudatus) . Puis vinrent les bourgmetres (Larus glaucus) , la dovekie ou guillemot noir (Uria grylle), le canut (Tringa canatus), le roi des canards (Somateria spectabilis), le canard à longue queue (Harelda glacialis), le canard eider (Somateria mollissima), la sterne ou hirondelle de mer (Sterna macura), le tourne-pierres (Streinterpres). Je ne me fusse point attendu à trouver si farouches les membres des tribus emplumées qui visitèrent la région. Il fallait à nos chasseurs de grandes précautions et une forte dose de patience pour arriver à portée, encore nombres d'oiseaux tombaient-ils à la mer, ou les courants et les glaces empêchaient souvent de les récupérer.
"

    En page 259, on trouve aussi :"... Nous vîmes cinq oiseaux ; un examen attentif à la lunette nous fit présumer qu'ils appartenaient à la famille des pluviers, leur plumage est gris cendré; ils portent un collier; c'étaient probablement des ægialitis hiaticula. "

     Tous ces noms latins, montrent bien que Greely était un botaniste averti. Mais hélas ce dernier ne nous dit pas où vont ces volatiles en hiver et il est pourtant capital de le savoir évidemment.

     D'autre part, pourrait-on penser que cette abondante végétation est la conséquence, depuis des lustres, des courants atmosphériques circulant sur la région, et venant du Nord (nous, on le suppose et Greely l'ignorait évidemment) et qui, par les ouvertures polaires, ont vehiculé des pollens et des substances végétales minuscules, issus de la vie intérieure de la planète ? Il suffirait pour cela de démontrer que cette végétation de la Terre de Grinnell est absente, à partir d'une certaine limite, vers le sud du Grœnland. Avis aux amateurs...

g) Quand Greely parle d'une journée superbe.

     Dans le chapitre intitulé "le second hiver" , on peut lire pour le 9 Octobre 1883 page 283 :

    "Le 9. - Journée superbe : le ciel est nuancé de ces teintes délicates et indescriptibles particulières au ciel boréal. Un halo solaire très brillant et très beau a persité plusieurs heures. Ces phénomènes admirables sont d'ailleurs beaucoup plus rares que ne le feraient croires certains récits. "

     Or si nous regardons le schéma déjà connu des fidèles d'ARTivision, et que nous empruntons, une fois de plus avec courtoisie, au site :
http://olravet.free.fr/telechargement.html




    Le 9 octobre, autour du 81° de latitude nord, il semblerait que l'on devrait être à la limite de la nuit polaire et de la zone crépusculaire et que par conséquent un halo solaire, très brillant et très beau est plutôt surprenant et hors normes... Aux spécialistes de trancher ...

A suivre

     Article mis en page le 26/06/2007, puis revu le 28/06/07 , puis le 29/06/07, puis le 02/07/07, puis le 3/07/07.

IDYLLE Fred

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